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lettre à Carole DELGA 2023

Envoyée le 17/02/2023 par courrier avec accusé de réception. Aucune réponse.

 

LA VIGIE CITOYENNE GRAND MOTTOISE
12, placette des Fauvettes
34280 La Grande-Motte
Tel : 06 88 85 73 54
Email : vigiecitoyenne@orange.fr


à
Madame Carole DELGA
Présidente de la Région OCCITANIE Pyrénées-Méditerranée
Hôtel de Région Toulouse
22, boulevard du maréchal Juin
31406 Toulouse Cedex 9
 

                

 

 Madame Carole DELGA

 Présidente de la Région OCCITANIE Pyrénées-Méditerranée

 

                         

                                                                           Madame la Présidente

 

La commune de La Grande Motte porte actuellement le projet « VILLE-PORT » dont le maire, M. Stephan ROSSIGNOL a manifestement fait « le grand œuvre » de son mandat.

Notre association est née presque spontanément dès que ce projet a été connu pour s’y opposer car, du point de vue de ses adhérents, il présente des insuffisances, des outrances et des risques  auxquels ils entendent  s’opposer.

Elle regroupe des propriétaires résidents permanents ou secondaires qui ont en commun  une reconnaissance à jean BALLADUR de la conception et la réalisation d’un ensemble architectural original et un chef d’œuvre urbanistique nés, l’un et l’autre d’un travail pluridisciplinaire exemplaire.

Notre association veille par ailleurs à une stricte neutralité politique ce qui lui vaut de compter parmi ses membres des soutiens du maire qui sont hostiles à ce projet. Pour autant l’accès au forum des associations nous est refusé par la mairie.

La commune de La Grande Motte 

Quand il a pris ses fonctions lors de sa première élection, le maire, avait exprimé son souci de faire de la station "le Saint Tropez du Languedoc" ou encore "la Floride de la Méditerranée"! Il lui avait alors été objecté que la Mission RACINE qui avait été créée à cette fin, et Jean BALLADUR avaient conféré à La Grande Motte assez d'originalité, de personnalité et de qualités propres pour qu'il soit vain d'en faire l'imitation d'autres stations ou d'autres régions.

Commencée en 1965, La Grande Motte est devenue une commune de plein exercice en se séparant de MAUGUIO en 1974 mais elle connait une spécificité commune aux stations touristiques : satisfaire les besoins d'une population permanente ici de 8900 habitants tout en maintenant en état les infrastructures et les services capables d'accueillir  120000 personnes en haute saison, objectif que l'assiette de la fiscalité locale et la raréfaction des financements publics rendent évidemment difficile à atteindre.

 

Le projet VILLE PORT

L’Etat a donné à la commune de la Grande Motte la propriété du terrain de la zone artisanale nautique, à charge pour elle, d’en réorganiser l’ensemble en y créant notamment  une zone de logements.  Les bénéfices de la vente des lots à des promoteurs devraient permettre le financement partiel ou total de l'évolution et de  l'entretien des ouvrages portuaires
Cet objectif nécessite de libérer la Zone des artisans en place, y compris  le groupe Outremer constructeur de catamarans  qui passerait ainsi du statut d’artisan à celui d’industriel.

Le projet ville-port s’articule donc pour ce faire autour de trois grands axes :

 

  • L’extension du port avec le creusement d’un nouveau bassin à flots qui ferait passer sa capacité de 1600 à 2000 anneaux derrière une nouvelle digue à créer et le réaménagement d’une zone technique gagnée sur la mer, destinée aux chantiers navals et aux services d’entretien mais qui priverait la station de 3,5 hectares de plage !
  • la requalification des espaces publics autour du port permettant notamment de relier les quartiers du Levant et du Couchant (voirie, parkings et espaces verts)
  • la réalisation d’un programme immobilier de 580 logements  à la place de l’actuelle zone artisanale rebaptisée « la colline ».

 

Mais on voit qu’hormis la requalification des espaces publics qui peut se réaliser même en l’absence de Ville Port, le projet a l’ambition de mobiliser deux moteurs économiques :

- Le port de plaisance et ses activités induites.

- L’augmentation artificielle de la population.

Et il nécessite par ailleurs :

- La révision du Plan de prévention des Risques d’inondation  (PPRI).

-  La révision du Plan Local d’Urbanisme (PLU) car il y a modification de l’affectation des   sols.

-  L’obtention de l’autorisation de travaux pour laquelle, avec nos propres experts, nous serons très attentifs aux contenus de l’Etude d’Impact et au déroulement de l’enquête publique.

 

Notre association n’entend ni faire de La Grande Motte un musée à ciel ouvert, ni prescrire son avenir, ni, enfin, s’opposer à des évolutions que Jean BALLADUR aurait lui-même accompagnées ; avant sa création  aucun de ses membres ne s’est mobilisé contre des projets de réhabilitation, de rénovation et d’amélioration qui ont contribué à renforcer l’image et le confort de la station.

 

Mais on n’est plus ici dans cette perspective !

 

 

L’extension du port :

 

Pour permettre ce projet, le maire a d’ores et déjà sollicité une modification du PPRI que le préfet de l’Hérault lui a accordée en 2022 (et que nous avons attaquée au Tribunal Administratif).

On remarquera qu’il est rare qu’un maitre d’ouvrage sollicite la modification d’un règlement ou d’une norme pour en obtenir un renforcement pénalisant !

Le PPRI était-il donc trop protecteur ?

La vérité est que le maire de La Grande Motte considère que le PPRI est un obstacle à des projets de développement et à des opérations immobilières spéculatives.

 

Cette remarque donne le ton :

 Un chantier de génie civil colossal qui néglige d’évaluer sérieusement les conséquences  sur les écosystèmes, sur les équilibres hydrologiques qui conditionnent la pérennité des plages de toute la baie d’Aigues Mortes, mais surtout  les conséquences désormais de mieux en mieux quantifiées du réchauffement climatique en prenant le parti d’installer au bord de l’eau des activités industrielles qui risquent d’être balayées au premier « coup de tabac ». Les travaux du GIEC nous en annoncent, en effet, un accroissement des fréquences et de l’intensité !

 

Nous ne saurions trop recommander au maire de ne pas persévérer dans la désinvolture avec laquelle il traite ces problèmes de submersion car au premier « coup de tabac », ce sont toutes les résidences de première et de seconde ligne qui regretteront que la modification du PPRI ait empêché d’anticiper leur protection !

 

Que sait-on par ailleurs de l’avenir de l’économie de la plaisance en dehors du  fait qu’il existe une demande d’anneaux non satisfaite à La Grande Motte?

 L’image de grande station de la Plaisance en Méditerranée est acquise. Qu’apportent 400 anneaux supplémentaires ? Ne pourrait-on pas commencer par supprimer les épaves « sans maitre » et réaffecter les anneaux ainsi libérés ?

Est-il vraiment d’utilité publique  de mobiliser des investissements de cette importance quand 95% des bateaux stationnés dans le port de plaisance ne sortent que 2 ou 3 jours par an ?

Par contre, il n’est pas certain que les 95% de villégiateurs qui ne sont concernés par la plaisance qu’en qualité de spectateurs, apprécient qu’on ampute  de 3,5 Ha la plage qui est la principale motivation de leurs séjours.

 

La colline :

 

Elle est ainsi baptisée car ce « quartier nouveau » serait situé sur un petit promontoire constitué par le reliquat des matériaux de creusement du port.

Le projet original validé par le Conseil Municipal lui assigne deux objectifs :

- L’augmentation de la population de 1400 personnes dans 580 logements.

- La création du pourcentage requis (20%) de logements sociaux qui permet l’exonération des redevances prévues par la Loi SRU en cas de carence.

Ces objectifs prévoient la construction de 12 tours rectangulaires qui posent plusieurs problèmes.

Jean BALLADUR s’interdisait la construction de tours et 12 parallélépipèdes anguleux sur cette superficie limitée constitueraient une  verrue au milieu de cette station faite de résidences aux courbures élégantes distribuées dans une résille verte. Ils feraient par ailleurs  une fâcheuse ombre à la Grande  Pyramide voisine, emblème et point culminant de la station.

En définitive, l’ensemble du projet priverait la station de deux «  beffrois  » qui ont contribué à l’attribution du label «  patrimoine remarquable du vingtième siècle » :

- La Grande Pyramide pour les estivants qui arrivent par la route.

- Le bâtiment du Yacht-Club, victime de l’agrandissement du port, pour les navigateurs qui arrivent par la mer !

Monsieur le maire a-t-il pris conscience de cet écueil ?

Les documents de présentation et de promotion du projet Ville-Port sont abondamment illustrés sur la partie « port ». Par contre on n’y trouve aucun argumentaire, aucun chiffre, aucune simulation photographique sur la « colline » qui doit pourtant être suffisamment mature puisqu’il a été voté par le Conseil Municipal et qu’on en connait le nombre d’appartements projetés à l’unité près !

Monsieur le maire redouterait-il de parler de logements sociaux à ses administrés ?

Quoiqu’il en soit, nous lui dénions le droit de s’approprier la paternité d’une improbable « phase 2 » de la Mission Racine !

 

Les questions financières :

 

Au-delà des questions architecturales, urbanistiques, paysagères, hydrologiques et environnementales se posent évidemment les questions financières et surtout celles qui sont couvertes par des financements publics.

Quand il a été soumis au Conseil Municipal, il y a 5 ans, ce projet était évalué à 65 M€ HT.

Il est aujourd’hui évalué à 122 M€ HT sans qu’on y note des différences notables et sachant qu’en dehors des VRD, la colline sera financée par des fonds privés.

Dans le dossier officiel de présentation, la mairie se prévaut d’un partenariat de la Région.

En quoi consiste ce partenariat et s’il est financier évolue-t-il  librement au gré des réévaluations du maitre d’ouvrage ?

 

L’avis du Conseil National de Protection de la Nature (CNPN)

 

Notre association n’est pas seule à trouver quelques « lacunes » à ce projet.

Vous trouverez en annexe de la présente, l’avis défavorable rendu par le CNPN le 23/11/2022.

 

Vous voudrez bien excuser, Madame la Présidente, cette longue lettre.

 Monsieur Stephan ROSSIGNOL qui est membre de votre Assemblée Régionale a tout loisir d’y promouvoir son projet. Nous pensons qu’il était légitime que vous soyez informée de l’état et du contenu de l’opposition qui s’organise un peu plus et un peu mieux chaque jour pour en souligner les lacunes.

Nous nous tenons à votre disposition pour vous fournir tout élément complémentaire que vous souhaiteriez obtenir sur notre position.

 

Nous souhaiterions également partager si vous le voulez bien, ces réflexions avec :

- Monsieur Didier CODORNIOU, premier vice-président du Conseil Régional, en charge notamment du littoral et maire d’une station née comme La Grande Motte des travaux de la Mission RACINE.

- Madame Agnès LANGEVINE ,deuxième vice-président du Conseil Régional que nous félicitons pour sa récente élection à la présidence du Conseil d’Administration du Conservatoire du Littoral ; une partie non négligeable de la superficie de La Grande Motte appartient en effet à cet établissement.

 

Je vous prie de croire, Madame la Présidente, à l’assurance de ma parfaite considération.

 

 

                                      

                                                                 Michel RENARD

                                                                Président de la VIGIE-CITOYENNE grand mottoise