L'arrivée du printemps...

Le mot du président

 

L’arrivée du printemps risque fort d’être déprimante pour tous les Grands-Mottois qui aiment cette cité ville attachante par l’originalité de sa conception architecturale, urbaine et environnementale, de renommée internationale et distinguée à juste titre par le label de « ville patrimoine du vingtième siècle ».

 

En effet, les quatre équipes mises en concurrence pour concevoir la mise en œuvre du « projet ville-port » doivent maintenant présenter leurs travaux mais, quels que soient leurs talents, elles auront été bridées par le zonage défini par la mairie qui leur a imposé trop de contraintes spatiales : ce zonage, d’ailleurs contraire au PLU récemment adopté, prévoit la création d’un bassin portuaire de 6 hectares mais comble 2 hectares du port existant afin d’agrandir le terre-plein Ouest (ou esplanade Baumel) et d’y accueillir à grands frais toutes les entreprises situées aujourd’hui sur la zone d’activité, de l’autre côté de l’avenue Fages, à l’exception du magasin Lidl. Les entreprises disposeraient ainsi d’un espace beaucoup plus vaste et pourraient accroître leur activité, tandis que des résidences comptant entre 500 et 600 logements prendraient leur place sur la zone libérée par elles.

 

Un tel programme apparaît incontestablement comme une violation brutale de l’œuvre de Jean Balladur, une morne série de hangars industriels et commerciaux venant barrer tout l’horizon portuaire alors que le concepteur de la cité attachait un prix essentiel à l’ouverture et à la beauté du vaste panorama offert à tous, plaisanciers, riverains ou simples promeneurs déambulant sur les quais et apportant une clientèle déjà séduite aux boutiques, bars et restaurants du port.

 

Les opposants à la brutalité de ce projet sont parfois décrits comme des privilégiés passéistes ou des partisans d’une agitation politicienne stérile. Cela n’est nullement le cas pour les animateurs de La Vigie Citoyenne Grand-Mottoise, qui ne se soucient que de l’intérêt général et estiment que les objectifs louables de la municipalité, tel que l’extension du port, le développement économique et le renouveau démographique, peuvent être atteints sans saccager un cadre de vie faisant le bonheur des résidents comme des touristes qui en apprécient chaque été tous les charmes et vantent l’aspect exceptionnel de son patrimoine.

 

Durant tout cet hiver, les dirigeants de notre association ont sensibilisé les personnalités susceptibles d’influencer la décision finale, en s’adressant d’abord au Maire et à ses adjoints ou au conseiller délégué au port, mais aussi à l’Architecte des Bâtiments de France, premier défenseur du patrimoine, à l’Ordre des Architectes, au Conseil de l’Architecture, de l’Urbanisme et de l’Environnement, à l’Architecte-Conseil auprès du Directeur Départemental de l’Equipement et, finalement, à la Présidente de la Région, le financement du programme dépendant très largement des subventions qu’elle pourra accorder.

 

Leur démarche tendait, certes, à dépeindre les aspects néfastes du projet initial, mais aussi à suggérer d’autres solutions qui préserveraient la beauté du cadre de vie actuel tout en permettant une extension financièrement soutenable du port, l’expansion raisonnable des entreprises et la création de quelques résidences destinées soit à des cadres de haut niveau, soit à des familles plus modestes et pourvues de jeunes enfants. Ces propositions alternatives semblent susciter un réel intérêt et nous invitent à participer de façon déterminée à la concertation qui devrait, en bonne démocratie, imprégner les choix municipaux de long terme.



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