CHER JEAN BALLADUR, TU NOUS MANQUES ...

Cher Jean Balladur, tu nous manques toujours plus …

 

En cet automne 2017, je renouvelle cette adresse familière tant ton amour de la liberté et de la beauté des formes, ta volonté d’offrir à tous un espace pour le bonheur partagé me portent à un sentiment de fraternité.

 

Dès  la conception de ton projet, dès le début de ton aventure, tu dénonçais le « conformisme bêtassin » et « l’incongruité du volume parallélépipédique » que les investisseurs  voulaient t’imposer en un lieu destiné par toi à accueillir des pyramides et des conques, tes détracteurs ne cherchant qu’à entasser à peu de frais vacanciers et touristes sans trop se soucier d’esthétique, d’originalité ou d’un cadre verdoyant porteur d’humanisme et de sérénité.

 

Depuis deux ou trois ans, profitant de ton absence, ils ont repris leur offensive en projetant d’implanter des immeubles sans âme dans tous les quartiers, au centre-ville comme à Haute-Plage, sur le port, les courts de tennis ou les parkings, et même sur ton Théâtre de Verdure qui apportait la dimension culturelle indispensable à  « la place des trois pouvoirs ». 

 

Désormais, tout en te couvrant de fleurs pour mieux dissimuler leur œuvre destructrice, ils entreprennent de fermer ce port où tu aimais flâner par une morne barrière de hangars masquant tout l’horizon.

 

Tu voulais offrir à tous la sereine beauté d’un ample panorama ouvert sur la mer et les montagnes, mais ils s’ingénient à y projeter de nouvelles bâtisses qui défigureront ton œuvre et ne serviront qu’à assouvir la soif de profits de quelques uns. Ta belle cité va y perdre son âme et ne sera plus qu’une quelconque banlieue assortie d’un parking à bateaux, une de ces haltes estivales qui ne laissent aucun souvenir…

 

Ils prétendent sans honte que c’est pour mieux la sauver, pour lui apporter du sang neuf, pour en rajeunir la population, mais ils vont ruiner son originalité et son charme, saturer ses espaces, boucher son horizon, sans même penser à la protéger de l’inexorable montée des eaux, qui constitue pourtant pour elle le plus grave des dangers.

 

Nous sommes quelques uns, modestes compagnons de bonne volonté, à tenter de défendre ton œuvre et à lutter contre l’assoupissement des consciences, mais nous ne disposons pas de ton prestige et de ta capacité de résistance. Le donneur d’alerte est décrit comme un oiseau de mauvais augure, tandis que l’habile joueur de flûte reçoit les applaudissements…

 

Oh !…Je te le répète, dans chaque discours, nos édiles te couvrent de fleurs et de lauriers, mais c’est pour mieux t’ensevelir, oublier ton inspiration, sacrifier le charme de ton exceptionnelle cité… Nous savons bien que tu ne peux revenir, mais tu nous manques toujours plus, sincèrement !…   

 

Claude Delhoume

Président La Vigie Citoyenne Grand-Mottoise

 


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